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Travailler dans un pays à risque


Vivre en guerre
Un pays en guerre

Quand j'étais enfant, j'aspirais à grandir dans un endroit où le soleil brillerait sans fin, et où l'été serait la seule saison. Je croyais en l'existence de ce lieu quelque part dans le monde, une réalité que mes parents, ma principale source d'information à l'époque, ignoraient.


Cependant, à l'aube de l'âge adulte, j'ai choisi de m'installer à Paris, où le soleil était une denrée rare et où l'été semblait n'exister que dans les pages d'un dictionnaire.


Après avoir achevé mes études et accumulé de l'expérience en tant que salarié, j'ai créé ma première entreprise à Paris, un accomplissement dont je reste fier. Quelques années plus tard, j'ai ressenti le besoin de contribuer au développement de mon pays d'origine. J'ai donc entrepris d'établir un solide partenariat avec des amis au Liban pour développer mon entreprise en m'appuyant sur eux.


À partir de là, mes allers-retours fréquents au Liban ont commencé à s'intensifier. Quinze ans après mon départ, je suis retourné sous le soleil...


Cependant, au Liban, le soleil n'est pas la seule lumière. Au contraire, plusieurs sources de lumière, telles que les explosions, les bombes et les tirs de kalachnikov, sont présentes.


Mon retour au Liban s'est fait avec un sourire, malgré la conscience de cette réalité amère. Malheureusement, il a souvent été marqué par la peur et le sang...


Actuellement, la tension croissante dans la bande de Gaza, s'étendant jusqu'au sud du Liban, met en péril la sécurité du pays, sa stabilité déjà précaire, ainsi que les opportunités d'affaires qui peuvent s'y présenter.


Faut-il envisager un départ ? Est-ce insensé de rester ?


Pour un Libanais de mon âge, les guerres ont déjà fait partie intégrante de la vie, marquées par d'innombrables épisodes et des atrocités indescriptibles. Est-ce le début d'un nouveau chapitre dans ce livre sans fin ? Est-ce une souffrance de plus ? Est-ce la conclusion ou une nouvelle phase ?


Sans pouvoir apporter de réponse à ces questions, un Libanais "ordinaire" adopte la position suivante : je demeure dans son pays et continue de fonctionner avec un système D, D prime et D second…


Je me connecte à internet via un satellite si la connexion fournie par Ogero, l'opérateur historique, est interrompue, et je continue à envoyer des courriels à mes clients. Je travaille de cinq à six heures par jour en profitant de l'électricité, et le reste du temps repose sur des batteries externes. L'essentiel, c'est que mes clients continuent d'être servis en temps et en heure, avec le même dévouement et la même énergie.


Je résiste à ma manière et savoure les soirées paisibles en prenant un verre à Gemmayzeh ou à Mar Mkhail, me cachant le lendemain dans un sous-sol. Je me promène près de la plage dès que l'occasion se présente et raconte mes blagues de deux sous à mes amis.


Je m'efforce de vivre aussi normalement que possible, sans que cela n'affecte mes engagements professionnels.


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